____Une fois arrivés dedans Tom se stoppa face au lit me regardant fixement...
- Bah quoi ?!
- Approches...
____Sans protester, je m'avançai vers lui, souriante, mais inquiète. Postée devant lui, il plongea son regard noisette dans le mien accompagné d'un immense sourire irrésistible. Puis il se rapprocha en me prenant dans ses bras protecteur que j'aimais tant.
- Désolé de ne pas avoir été trop trop là durant la soirée.
- Ne t'inquiètes pas, c'est normal, tu as fais la fête, je te connais ! Puis tu sais j'ai quand même passé une bonne soirée...
____Un silence s'installa, je restai blottie dans ses bras. Tom ne répondit pas, c'est alors que je compris, et commença en rigolant légèrement...
- Oh pardon... Non mon ange je suis déçue, j'ai passé une mauvaise soirée, sans toi tu sais c'est nul, tu le sais je ne m'amuse qu'avec toi, personne d'autre ne me fait rire autant que toi...
- Arrêtes de te moquer de moi ! me coupa-t-il. Mais je préfère ça ! termina-t-il en riant.
- Je sais ! Sincèrement, c'est vrai que parfois tu m'as manqué, certains moments j'aurais aimé les passer avec toi !
- Moi aussi, mais j'ai eu des passages d'absence, tu comprends, besoins masculins... m'annonça-t-il en desserrant son étreinte, avec un petit sourire.
- J'ai vu ça, t'inquiètes, moi aussi, mais pas pour les mêmes raisons ! Mais au faite, je voulais te demander...
- Oui ?
- C'était quoi ce sac ? lui demandai-je en désignant le sac qu'il avait à ses pieds, et qu'il avait en début de soirée également.
- C'était des affaires de rechange au cas où j'en ai marre de ce costard !
- Cool en tout cas, tu as joué le jeu jusqu'au bout tu l'as gardé ! Saches que je te trouve superbe comme ça.
- Je sais, je suis irrésistible.
- J'irai pas jusque là, mais... terminai-je en laissant en suspend ma phrase pour lui mettre un doute.
____Il me regarda perplexe, et d'une mine boudeuse, tandis que je me dirigeai vers l'armoire où y était caché un débardeur et un bas de pyjama. Tom ne me quittait pas du regard ce qui m'amusa... Je partis en direction de la salle de bain pour me démaquiller et me changer. Je remarquai que, déjà, tous le monde était couché, tous ? Non, Bill se tenait assis sur le canapé, stylo en main, feuille sur les genoux.
- L'inspiration ?!
- Oui... Étrange soirée, mais réussite, ça donne des envies !
- Tu veux dormir avec nous ? On a toujours dormi tous les trois !
- Je te rejoins quand tu seras changée, je termine ...
- D'accord.
____Sans plus attendre je me dirigeai vers la salle d'eau où je fis ce que j'avais à faire rapidement, pour retrouver au plus vite, la chaleur des couvertures, et mes deux meilleurs amis...
____Debout dans l'entrée du salon, je regardai Bill, écrivant quelques lignes, griffonnant, réécrivant, avant de lui annoncer ma présence. Il me fit un grand sourire, et se leva, posant ses affaires sur l'étage inférieur de la table basse. Il était habillé d'un jogging en bas, et ne portait pas de t-shirt.
- Tu as perdu du poids, je me trompe ?
- Nan, tu as raison, un petit peu, mais avec le rythme qu'on a, j'ai plus trop d'appétit... me répondit-il en baissant les yeux.
- Tu sais ce que j'en pense !
- Tu peux parler toi aussi tu es loin d'avoir pris du poids !
- Ouais, c'est vrai... Mais j'ai autant de circonstances atténuantes pour ma défense... dis-je avec un semblant de sourire.
____Il m'attrapa par les épaules en entrant dans la chambre où on y découvrit un Tom, en boxer, souriant avec des cernes de trois mètres de long, allongé sur le coté droit du lit.
- Bah enfin ! Je croyais que vous n'alliez jamais venir !
- On va vite se mettre au lit parce que toi, tu ressembles à un mort vivant ! lui balança son frère.
- Oh ça va hein... Toi tu préserves ta voix en évitant l'alcool, moi je ne vois pas pourquoi je me priverais de ça !
- Vous allez arrêter oui ! les interrompis-je.
- Pourquoi tu te mets au milieu ? demanda le guitariste.
- Bah pourquoi je ne m'y mettrais pas ?
- Je vais tomber avec ton gros cul ! dit-il en éclatant de rire.
- Ehhhhhhh !
____Il reçut, pour la peine un oreiller en pleine figure ce qui le stoppa net dans son fou rire. Un regard mi-amusé, mi-choqué, il se leva d'un bond et attrapa deux oreillers qu'il frappa l'un contre l'autre, puis contre son torse. Bill nous regardait amusé, riant, tandis que moi, j'attrapai deux autres oreillers, avec un immense sourire. Mais le chanteur nous arrêta dans notre élan...
- Bon les jeunes, si on commence comme ça on a pas fini ! Alors on repose les oreillers et au dodo !
____Tom et moi nous regardâmes interloqués par cette interruption. Tout penauds nous reposâmes nos oreillers, en s'allongeant silencieusement sous les couvertures, moi au centre, Tom à droite, Bill à gauche. Ce dernier était choqué par son autorité subite sur nous, quand soudain nous éclatâmes de rire : mon ange et moi. A présent déçu, Bill nous tourna le dos.
- T'y as cru hein... Depuis quand tu crois que j'obéis à mon p'tit frère ?! ria sa moitié.
- N'empêche, tu as arrêter quand même. fit-il, en se retournant vers nous, vainqueur.
- Il a pas tord... lui répondis-je. Bon allez, on dort, on doit être les seuls encore debout !
- Ouais... répondirent-ils simultanément.
____Deux bisous, chacun, pour moi, et nous nous installâmes confortablement. Les jumeaux passèrent un de leurs bras sur mon ventre, comme au bon vieux temps, Tom posant sa tête sur mon épaule, Bill au creux de mon cou.
____J'étais heureuse... Eux aussi visiblement... Un sourire figé sur nos visages... Le monde pouvait s'écrouler, nous étions là, tout les trois : rien ne pouvais nous séparer à ce moment si magique. C'était donc paisible, bien qu'ayant encore un peu la tête qui tournait, que je m'endormis, entourée de mes deux meilleurs amis...
____Le soleil montra le petit bout de son nez quelques instants, défiant les nuages, ces derniers le cachant presque immédiatement après leur léger moment d'absence. Cela me réveilla... Habituée aux couleurs grisâtres de la pièce, le seul rayon de la journée vint me sortir des bras de Morphée et de ceux des jumeaux par la même occasion. Je les regardai, tour à tour, leur sommeil était imperturbable. Je souris, puis m'extirpa de leur bras sans les faire bouger, ce qui fut un véritable défi, puis je sortis de la pièce sur la pointe des pieds...
____Gustav était là, assit sur un des sofas, lisant le journal, cela me fit sourire... Le journal le cachant presque entièrement, laissant dépasser juste quelques mèches blondes.
- Bonjour. avais-je prononcé, tout doucement.
- Oh bonjour !
____Il se leva, délaissant son journal quelques instants pour venir me faire deux bises, puis retourna s'asseoir.
- Tu as peut - être faim ?
- Oui, un peu.
- Tu es debout depuis combien de temps ? Puis, c'est quelle heure ?
- Alors il est quinze heures, et je suis debout depuis un peu plus d'une heure. Je ne suis pas un gros dormeur. répondit-il en riant.
- Je vois... Tu dois être souvent tout seul alors au réveil ! Les jumeaux sont plutôt du genre grasse mat' !
- Oui, tout comme Georg, mais généralement on doit se lever tôt, on est obligé, eux sont déçus, moi pas ! affirma-t-il avec un immense sourire.
- Des céréales, du café, ou du thé ? lui demandai-je après un petit instant sans paroles.
- Céréales, je veux bien.
____J'acquiesçai, et partis préparer cela, plus un verre d'aspirine pour ma part, derrière le petit bar qui séparait le salon de la cuisine. Quand je revins, il me regarda étrangement, après avoir mis sur le coté sa lecture.
- Je suis désolé...
- Pourquoi ?
- Pour toi, tu le vis drôlement bien, ou peut - être que je me trompe ? Non, oublies... termina-t-il, gêné.
- Non, explique - toi ? demandai-je en ne comprenant rien à son charabia.
____Il reprit son journal et me montra la première page. La bouche grande ouverte, les yeux sortant de leurs orbites, je baissais la tête empêchant toutes larmes de couler.
____Un grande photo d'elle se trouvait en-dessous. Je les détestais vraiment ces journalistes ! Mais je me devais de rester forte, pour elle. Cela allait être dur, elle devait déjà faire là une de tous les journaux, et magazines allemands...
- Tu ne te trompes pas...
- Je sais, la ressemblance est assez frappante quand même, c'est pour ça que je me posais des questions...
- Ouais... Je pourrais au moins préserver ça d'elle. Il faut cacher le journal, si Leen le découvre elle va passer une mauvaise journée...
- Pourquoi ? Vous êtes de la même famille ? Non...
- Non, mais c'est compliqué...
____Il ne demanda pas plus d'explication voyant que cela me mettais dans l'embarras. Il se leva et alla le jeter dans la poubelle. Quand il revint, je lui demandai où il avait eu ce journal... Question bête : réponse bête, il était allé en ville le chercher, après avoir été faire un tour à la salle demandant si il y avait besoin d'aide pour ranger et nettoyer...
____Nous continuâmes à discuter, tout en mangeant, nous remémorant des passages phares de la soirée, quand Leen et Georg sortirent en même temps de leur chambre. Ils rigolèrent doucement, et nous rejoignirent sur les sofas. Georg, après lui avoir désigné les céréales, partit préparer deux bols : quel gentleman !
- Iris dort toujours ? me souciai-je.
- Bah nan, elle était plus là quand j'ai ouvert les yeux ! répondit-il amusé.
- Oui, je l'ai vu partir, j'ai du me lever cinq minutes avant elle. Elle est partie comme une voleuse !
- Ca va vous n'avez pas fait de bruit c'est déjà ça ! Elle est discrète ! dis-je en rigolant.
- Parles pour toi, tu n'avais pas la chambre voisine ! Enfin, bon t'as raison elle est discrète, mais on ne peut pas en dire autant de Georg, par contre ! rétorqua Leen, explosant de rire.
- Mais... tenta de se justifier, Georg.
____Nous rîmes tous les quatre, ce qui visiblement réveilla le reste de la maison. Tom fit son apparition en premier, mains sur la tête, remuant légèrement ses dreads, ensuite vint Joris, dreads en bataille tout comme le guitariste suivi d'Andreas les yeux mi-clos, et le meilleur pour la fin : Bill sortit de la chambre les cheveux tout en l'air, la mine encore endormie... Un long « aïe » me fit sourire, et lever de ma place pour aller en direction de la cuisine chercher de l'aspirine. Mais d'où venait cette exclamation ? De Tom...
- C'est pas facile les lendemain de fête frérot ! ria Bill.
- Oh ça va hein !
- Et après on dit que c'est moi qui suis de mauvaise humeur le matin !
- Oui on dit que c'est toi, parce que là c'est l'après - midi Bill ! fit Georg, joueur.
____Bill rigola avec nous, et vint s'asseoir aux cotés de Leen après lui avoir fait la bise. Je revins quelques minutes plus tard avec un verre d'aspirine que je tendis à Tom, compatissante.
____L'après-midi se déroula ainsi : entre conversations, rires, déjeuné... Nous nous entendions tous excellemment bien et cela me rendait d'autant plus heureuse... Arrivée vers vingt heures, après nous être tous douchés, je partis avec Gustav en direction de la maison pour aller chercher de quoi manger pour dîner, et voir mon père par la même occasion. Pourquoi Gustav me diras-tu ? Nous étions les deux seuls apte à faire la cuisine, apparemment, puis les autres étaient « trop bien calés », comme le disait si bien Leen.
- Papa ?! Teresa ?
- C'est qui Teresa ? me demanda Gustav, en chuchotant.
- La domestique, enfin je la considère un peu comme ma mère. Elle a toujours été là en faite.
____Il acquiesça, et resta admiratif face à la taille de la maison et de la déco. Puis mon père arriva, plus ou moins souriant, je lui sautai au cou en lui souhaitant une bonne année, il en fit autant, et je descendis de ses bras. Lui aussi n'avait pas l'air d'avoir bu que du jus de fruits, et avait l'air plutôt cassé... Je lui présentai rapidement Gustav, qu'il avait déjà vu quand il venait me chercher en ville et que j'étais avec le groupe, et nous allâmes au salon.
- Nous sommes dans la maison d'invité...
- Je m'en doutais bien ! Vous êtes nombreux ?
- Un... peu ! fis-je embarrassée.
- Combien ? demanda-t-il en riant, mais perplexe.
- Euh...
- Huit, je crois ! me devança Gustav.
- De toute façon il y a la place. conclut-il.
- On voudrait manger tous ensemble ! Des lasagnes ! C'est ce que Gustav fait le mieux ... à ce qu'il paraît ! commençais-je en riant. Et je sais le faire aussi, donc on ne risque pas de faire des dégâts.
- Je te fais confiance ! Vas voir Teresa, elle est aux cuisines, moi je ne pourrais pas t'aider...
- Piètre cuisinier. ajoutai-je, pour l'incompréhension de mon ami.
- Tu pourras revenir après avoir trouvé ton bonheur, j'aimerai te parler...
____Je le regardai, inquiète, et lui fis un signe de tête positif en me dirigeant vers les cuisines. Lorsque Teresa me vit, elle me fit un immense sourire avant de me prendre dans ses bras un instant me souhaitant à son tour une bonne année. Je lui expliqua la raison de ma présence, et elle me donna tout ce dont j'avais besoin, avec l'aide du cuisinier qui me donnait en passant quelques astuces pour les faire « exquises ». En passant devant le réfrigérateur je pris quelques compléments, et repartis en direction du salon pour rejoindre mon père. Je demandai à Gustav de visiter la maison, si il avait envi, il accepta, comprenant la situation. Après l'avoir vu monter les escaliers je rejoignis mon père.
- Que voulais-tu me dire ?
- Ah ! Je ne t'avais pas entendu arriver ! Plusieurs choses...
- Tu as vu le journal, je suppose...
- Comment le sais - tu ? me demanda-t-il, surpris.
- Gustav l'a acheté après s'être levé, cet aprem, et il me l'a montré, voyant la ressemblance que j'avais avec maman... Mais je n'ai lu que le gros titre...
- Je vois... Bon, c'est vrai je voudrais te toucher un mot la-dessus, mais aussi sur autre chose.
____Un silence pesant s'installa après cette dernière phrase... J'étais inquiète de connaître ses révélations, ne voulant, dans le fond, pas savoir, en voyant la mine dépitée et gênée qu'il avait pris soudainement. Lui, visiblement, cherchait ses mots...




