____Assise sur la première marche de l'escalier, ma guitare en main, quelques notes de mélancolie s'élevèrent dans la maison. Une composition nouvelle, pour cette sensation nouvelle. La plus belle mélodie de ma vie... Aucune paroles étaient dispensables pour distinguer toute cette tristesse rejetée de mon âme, voulant être en paix...
____C'est déconnectée du présent, que j'attrapai le combiné du téléphone pour appeler l'hôpital.
- Bonsoir, que puis - je pour vous ?
____En réfléchissant et en me concentrant, durant plusieurs minutes, je sortis une phrase plus ou moins française.
- Ma maman, euh... morte. Je... ne savoir... quoi faire.
____La jeune femme au bout du fil eut du mal à me comprendre et remarqua que je n'étais pas française...
- L'adresse ?
- Euh... Vier impasse de l'aérodrome, Ancône. dis-je avec un accent typiquement allemand, très lentement.
- Vier ? C'est quatre en allemand, non ? demanda-t-elle apparemment à sa voisine. D'accord nous vous envoyons quelqu'un.
____Je raccrochai et m'écroulai au sol, mes larmes redoublèrent... Quand ils arriveraient, cela voudrait vraiment dire qu'elle n'était plus là, pensais-je.
____Je ne voulais pas la quitter, pas maintenant, il me restait un peu moins d'une semaine à rester ici, sans elle ce serait impossible...
____Le bruit des sirènes m'enlevèrent de mes pensées mornes, j'appuyai sur l'interrupteur pour ouvrir le portail. L'ambulance entra dans l'allée, j'attendis sur le pas de la porte.
- Mademoiselle ! Vous me comprenez ?
____Je haussai des épaules, aucunes paroles ne purent sortir de ma bouche.
- Parlez-moi ? Qu'y a-t-il ?
____Sans répondre, je désignai le auvent sur le coté de la maison avant de tomber au sol, les mains sur le visage. Un ambulancier se chargea de moi, tandis que deux autres se dirigeaient vers l'endroit indiqué.
- Mademoiselle, calmez-vous...
____Mes sanglots reprirent, mes larmes vagabondaient sur mes joues, de plus en plus nombreuses. Le médecin tenta de me consoler, mais en vain, je ne comprenais rien à ce qu'il me disait...
____Les deux ambulanciers revinrent quelques minutes plus tard, le brancard en main, ma mère dessus, recouverte d'un drap blanc. Vision d'horreur. Un, des deux médecins, qui ramenait ma mère dans l'ambulance, me prit par la main et me fit monter à l'avant pour m'épargner une fois de plus cette image qui me terrorisait. L'ambulance démarra et fila à toute vitesse vers l'hôpital le plus proche.
____En moins de dix minutes nous arrivâmes la-bas. Sans doute, après trop d'émotion, mes jambes me lâchèrent, et je perdis connaissance en descendant de l'ambulance...
____Je me souviens, c'est avec grande difficulté que j'ouvris les yeux, trop de lumière d'un coup... Une infirmière se tenait à mes cotés, me regardant, et notant mes constantes.
- Vous voila réveillée, mademoiselle.
____Ne comprenant pas un mot, je me tournai sur le coté, une larme rejoignit l'oreiller, repensant au pourquoi du comment j'étais arrivée ici. Seule et impuissante face à cette mort subite... La réalité me frappant au visage, mes yeux se refermèrent, me laissant regagner ce cauchemar.
- Nine ...
____Puis une caresse tendre me sortit subitement de mon sommeil, il faut le dire, très agité. Une fois les yeux ouverts, ma vue nette, je distinguai Olivier, souriant sensiblement, ses yeux légèrement embués de larmes.
- Olivier, mais pourquoi es-tu si triste ?
- J'ai eu peur pour toi ! C'est peut-être idiot mais je me suis inquiété. Dès que j'ai appris la nouvelle par ma voisine, puis par la presse, je suis venu ici, mentant sur mon identité pour pouvoir te voir.
- Aie...
- Tu as mal où ? paniqua-t-il.
- Pourquoi la presse ? fis-je comme si je n'avais pas entendu sa question.
- Ta mère était une grande mannequin, même en France elle était très connue, elle fait la une des magazines... Je suis désolé. finit-il gêné.
- Ce n'est rien. Tu sais, j'aimerai sortir d'ici.
- Je sais, je me doute bien, je me suis renseigné auprès des infirmières, tu peux sortir demain normalement.
- Nous sommes quel jour ?
- Le 29 décembre. Tu es restée inconsciente deux jours. Trop d'émotions d'un coup sans doute.
- Ouais...
____Une larme, seulement une s'échappa de mes yeux. Olivier s'empressa de l'essuyer du bout de son pouce. Il me regarda fermement dans les yeux, son regard m'apaisa instantanément, me donnant du courage.
- Merci.
- C'est normal...
- Je veux rentrer chez moi maintenant ! affirmai-je en me mettant soudainement debout.
- Non, tu dois rester ici !
- Mais je vais bien, je n'ai rien à faire ici !
- Si ils veulent te garder jusqu'à demain, c'est qu'ils doivent avoir raison !
- S'il te plait ! Je dois rentrer... dis-je doucement mon regard planté dans le sien.
- Bon...
____Il se leva du fauteuil, attrapa mes affaires, me les donnant, puis partit surveiller l'arrivée des infirmières pendant que je me changeais. Sur une des fiches de renseignement présente au bord du lit, j'écrivis au dos : « Je vais bien, je n'ai pu rester davantage. Ne vous inquiétez pas. Merci. » Le tout en allemand, je me doutais bien que l'infirmière qui trouverait cette feuille sur mon lit ne comprendrait pas, mais tant pis.
____Après plusieurs minutes de course folle dans l'hôpital, Olivier et moi nous retrouvions dehors. De l'air, du vent, enfin. Mes poumons se remplirent, mes cheveux volant dans tous les sens. Une sensation de bien-être m'enivra, bien que mon mal était toujours présent au plus profond de mon être. Olivier me prit par la main et m'emmena à sa voiture, garée un peu plus loin sur le parking.
____Arrivée devant le portail, je sortis hésitante de la voiture, puis entra la clef dans la serrure. Olivier entra sa voiture dans l'allée. Il sortit le plus rapidement possible de sorte à être près de moi, pour me montrer que je n'étais pas seule.
- Tes démons feront tout pour t'abattre mais je t'en prie soit forte... Pour le moment je suis là. me fit-il voyant mes yeux s'embuer de tristesse.
- « Pour le moment » comme toujours, personne ne reste à mes cotés...
- En France je suis là, en Allemagne je ne peux pas...
- Je sais. répondis-je avec désespoir. Accompagne-moi, s'il te plait.
____Pour réponse il me prit une nouvelle fois la main, et m'entraîna à l'intérieur de la maison, la porte étant non verrouillée. Je le regardai, tandis que lui était émerveillé par l'immensité de la villa, et peut-être par la déco. Mais aucun son ne sortit de sa bouche.
- La cuisine est là, tu veux peut-être quelque chose ? Faim, soif ?
- Un peu les deux ! sourit-il.
- Viens. Tu sais faire à manger ?
- Tout dépend, les choses simple ouais.
- Parfait ! Je ne me sens pas motivée pour faire un repas, le frigo là, tu fouilles, dans ce placard, les conserves, dans celui-ci y'a des pâtes... tout ça, et là sel, poivre, herbes...
- Tu veux que je m'improvise cuisinier en gros.
- Oui, enfin je n'ai pas très faim, mais il faut bien que j'avale quelque chose, je ne suis pas difficile, j'aime tout. Pendant ce temps je suis au salon, là en face.
- Ok.
____Il me sourit puis me fit un léger baiser sur la joue portant tout le courage du monde. Sa présence m'empêchait de tomber plus bas que terre.
____Je rejoignis le petit salon, m'assis sur la poire qu' « elle » m'avait offerte à noël, et restai là de longues minutes face à ce buffet, hésitant à l'ouvrir pour découvrir de nombreuses vérités...
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