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Chapter . Kapitel . Chapitre . 19
Nous nous assîmes à une table au fond, pour être tranquille, à l'abri des regards indiscrets...
____Nous posâmes toutes nos affaires, et paquets sur une chaise voisine, et sur la table. Nous rigolâmes bêtement de nos gestes similaires, et le bruit que nous faisions soudainement.
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On n'se fait pas du tout remarqué déjà ! ria-t-elle. J'espère que la place te plait, je préfère me mettre à l'écart, comme ça la musique et les regards ne viendront pas nous déranger. -
Pas de problème, je préfère être en retrait moi aussi !-
Cool. dit-elle souriante.-
Qu'est ce que j'vous sert les filles ? balança un charmant jeune serveur qui était arrivé par dernière.-
Un chocolat chaud.-
Deux ! renchéris-je.-
Je vous apporte ça. fit-il avec un immense sourire.____J'était à l'aise ici, il faisait bon, et les gens ne parlaient pas trop fort, respectant chacun l'intimité de tous.
____Nous posâmes nos dossier sur la table, et commençâmes à l'ouvrir.
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Tout ce qu'il y a à remplir ! cria Leen.-
T'es folle tu m'as fais peur ! ris-je.-
Désolée... dit-elle, penaude.-
C'est rien, t'inquiète.-
Non mais c'est vrai, on s'en fout de la profession des parents, et tout le tintouin !-
C'est pas faux, mais bon ça doit pas être gratuit, donc à mon avis c'est pour s'assurer que tu n'auras pas de problème à payer.-
Ouais, mais bon c'est méchant si par exemple ton père est fermier, et ta mère travail pas. Ca veut dire qu'ils te refouleront, parce que t'auras pas assez de sous !-
Pourquoi, c'est ton cas ? demandai-je, gênée.-
Non, t'inquiète, je peux me les payer à l'aise ces cours ! Mon père est informaticien, et ma mère secrétaire dans une agence de pub' ! Et toi ?-
Pareil que toi, je ne risques pas d'être « refoulée » !-
T'es parents sont riches ?-
Mon père est chirurgien.-
Ouais rien que ça. Bon allez on les mate ces conditions d'inscription !____En guise de réponse je m'arrêtai à la page voulue. Entre temps le serveur vint nous apporter nos commandes, toujours un immense sourire suspendu aux lèvres.
____Leen, après que le serveur se soit éloigné, me regarda avec un grand sourire, avant de rire à gorge déployée.
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Ca me fait rêver, les serveurs tous les même ! affirma soudainement Leen.-
Pourquoi ?-
Regarde, aux vieux il ne sourit pas autant ! On est irrésistible c'est vrai, mais pas la peine d'en faire un pataquès non plus ! ria-t-elle.____Elle irait bien avec Tom, me suis dis-je ! C'est vrai que Leen était particulièrement jolie, et encore les mots sont faibles. Elle était grande comme moi, brune aux reflets plus clair, son visage aux traits fins entourait deux grands yeux noirs. Sa frange-mèche mise n'importe comment lui cachait quelques parcelles du visage.
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Ouais si tu le dis, je te crois ! ris-je à mon tour.-
Bon cessons de plaisanter, et continuons notre lecture, sinon demain nous y serons encore !____Elle me faisait rire, elle était tellement naturelle et simple! Je l'admirais déjà...
____Nous nous replongeâmes dans notre lecture, en buvant une gorgée par ci, une gorgée par là, une clope entre-temps. A la fin de la page, nous connaissions toutes les conditions d'admissions : savoir jouer d'un instrument, ce qui était logique, ensuite nous aurions un rendez-vous après avoir envoyer le dossier, s'il convenait à certains critères, mais Leen et moi ne nous faisions aucun souci la dessus, puis lors du rendez-vous nous devrions présenter un morceau que nous connaissons. Nous serions donc prise ou non, à la suite de notre interprétation. Les horaires, les jours de cours variaient selon les instruments choisis.
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Tu joues de quoi ? me surprit Leen alors que je terminai mon chocolat.-
Guitare électrique, et chant si je peux.-
Comme moi, enfin moi c'est batterie et gratte. J'espère que je pourrais faire les deux !-
Moi aussi ! On verra de toute façon.-
Ouais c'est sûr. finit-elle par dire en scrutant sa montre. Merde ! Déjà ?!-
Il est quelle heure ? osai-je demander.-
Dix-huit heure presque et quart, j'ai dis à mon père que je serais rentrée avant la demi ! Il vas me tuer.-
T'habite loin ?-
Non pas tant que ça, à un peu moins d'une demi-heure à pied. Mais le temps que j'attrape un taxi...-
Je peux te ramener si tu veux ?-
Tu rentres comment ?-
Avec mon chauffeur, je l'appelle et en cinq minutes il est là, il devait rester en ville.-
Ton père est vraiment pété de tunes ! plaisanta-t-elle.-
Ouais, je m'en plains pas... ris-je.-
Ok ! J'accepte alors.____Je pris mon téléphone, et appela Helmut, par chance il n'était pas loin de nous. Je lui indiquai où nous étions, et il me dit où l'attendre. J'acquiesçai puis rejoignis Leen, qui payait nos commandes.
____Deux minutes plus tard, nous étions dehors attendant sur le trottoir., Helmut arriva moins d'une minutes après.
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Whaaa, on ne se refuse vraiment rien. me lança-t-elle, émerveillée, en montant dans la limousine.-
C'est mon père, pas moi. affirmai-je, souriante.____Elle me regarda et s'installa confortablement dans son siège. Une conversation commença, la première de l'après-midi où nous nous posons des questions sur nous, notre vie. D'origine plutôt timide, elle m'avait vu, et voulais me demander au départ où avais-je trouvé mon keffieh, je lui appris alors que ma mère était mannequin et que son couturier, lors d'une mode très palestinienne lui avait offert. Plus je lui donnai de détails sur ma vie, plus elle me regardait fasciner, ça me faisait rire, elle aussi, soit dit en passant. Ensuite j'appris qu'elle s'appelait véritablement Eileen, je trouvai ce prénom magnifique, il n'y avait pas d'autre mot... Elle avait comme moi 16 ans mais était née en juin. Sa vie se résumait à lycée le matin, sorties entre potes l'après-midi quand elle n'était pas chez elle, pour faire ses devoirs. C'est sur ces dernières connaissances que nous nous laissions devant son allée.
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J'adore ta maison ! dis-je en scrutant la maison, mais surtout son jardin pleins d'arbres.-
Arrêtes, elle est simple !-
C'est trop beau, j'aime bien, t'as plein de verdures !-
Dame nature ! C'est mignon. ria-t-elle.-
Si tu veux, mais c'est vrai : j'aime ta maison !-
Bon si c'est vrai alors c'est gentil ! En tout cas merci de m'avoir ramené, j'ai encore deux minutes pour rentrer, sans toi je serais déjà privée de sortie ! Merci.-
C'est rien, je t'en prie !-
Bon j'y vais, mais sache avant, j'adore ta façon de parler !-
Pourquoi tu me dis ça ?-
Ca fait coincée, je kiffe ! Sors de ta bourgeoisie ! répondit-elle en sortant, avec un petit rire.-
Sympas ! fis-je, en souriant.-
Mais de rien très chère. Bon on se tient au courant pour le rendez-vous. finit-elle en reprenant son sérieux.-
Ok pas de souci ! A plus.____C'est par un signe de mains qu'on se salua en s'éloignant. Je tenais dans mes mains un bout de papier avec son adresse e-mail, entourée par mes nombreux achats, le sourire aux lèvres...
____J'arrivai à la maison à peine dix minutes plus tard. Mon père rentra à son tour près d'une demi heure après, c'est devant la télévision qu'il me retrouva avec son verre de blanc.
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Alors ta journée, ma puce ?-
Trop bien ! dis-je, enjouée. J'ai fais la rencontre d'une jeune fille extra ! Et je suis tombée sur une école de cours du soir, je t'ai laissé le dossier sur la table de l'entrée, tu me diras si t'es d'accord. Il y a tout !-
Mais c'est merveilleux, j'y jetterais un coup d'½il demain. Et tes achats ? me demanda-t-il perplexe.-
T'inquiète pas, j'ai même eu trop d'argent ! ris-je. Mais je me suis faite plaisir. -
Tant mieux.-
Et toi ta journée, pas trop dure ?-
Non ça a été, puis tu sais ce que c'est entre papier et opération. Aujourd'hui rien de spécial...____Je lui fis un grand sourire, puis la soirée se poursuivit entre discussion et rires, avec mon père, le cuisinier, et Teresa.
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Papa ?! l'appelai-je soudainement, le coupant dans sa discussion avec le cuisinier.-
Oui ? -
Demain tu pourrais m'amener à l'aéroport pour dix heures ?-
Dix heures ?! Oui, bien sûr, je me libèrerais. Mais tu ne voulais pas y aller seule ?-
J'ai changé d'avis ! Je veux te dire au revoir. Trois semaines ce sera long pour moi !-
T'es un ange, ma puce. dit-il tendrement en me serrant dans ses bras.____Je lui souris. Mon père plongea ses yeux pleins d'étoiles dans les mien, tandis que Térésa, à coté, nous regardait attendrie par cette scène...
____Je partis rejoindre le salon, ensuite il fut l'heure du dîner, l'humeur était joyeuse, la soirée était belle. Je terminai ma soirée à l'étage dans le bureau, regardant mes e-mails : un de Tom, et un de Leen.
____J'ouvris celui de Tom, y découvris deux tablatures, je fus surprise, mais imprimai les deux, pour voir qu'elle était cette deuxième partition. Le temps de l'impression je me mis à lire le mail de Leen : «
elle n'aura pas traîné » m'étais-je dis.
Hey la bourgeoise ! Je rigole bien sûr : « qui aime bien, châtie bien » non ?! Hein dame nature ! :p
Bon comme prévu je t'envoie ce message, bon ça va tu ne t'es pas fichue de moi, ça à l'air d'être un bonne adresse.
J'ai montré à mes parents mon dossier, ils ont l'air ok, c'est cool. J'espère que pour toi aussi c'est bon, enfin je n'en doute pas mais bon, bref.
Je dois partir manger.
Bisou, à bientôt.
____Je rigolai face à son message, c'est vrai que pour moi, elle avait un langage très « urbain », si je puis dire. Je m'empressai alors de lui répondre :
Salut la banlieusarde ! Eh chacune son tour, comme tu dis si bien : qui aime bien, châtie bien !
Ne t'inquiète pas je ne t'aurais pas donné une mauvaise adresse quand même ! En ce qui concerne l'inscription, mon père était tout heureux quand je lui ai annoncé la nouvelle.
Je t'annonce que je pars en France à partir de demain, pour rejoindre ma mère, durant trois semaines. Si tu veux je joins mon numéro, comme ça on pourra quand même rester en contact, pendant ce lapse de temps.
Je t'embrasse. On se tient au courant.
Bonne soirée à toi.
____Je l'envoyai, pris les feuilles imprimées, puis partis en direction de ma chambre, au bout du couloir.
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Bonne nuit, papa ! balançai du haut des escaliers.-
Bonne nuit, ma puce, à demain. Neuf heures et demi devant la porte.-
Ok, pas de problème. Bisous.____Sur ces dernières paroles j'entrai dans ma chambre. Il n'était que vingt heures trente, j'avais encore le temps pour me coucher. Je mis mon réveil, puis m'assis sur une de mes poires, guitare en main, tablatures en face sur mon pouf. La partition qui m'était inconnu s'appelait « Schwarz », il y avait les paroles accompagnées des notes de guitare.
____A la fin de la feuille, Tom avait laissé un petit mot :
J'ai écrite, et composé cette chanson, ma première, je voulais te la faire partager. Elle est très dure à jouer, mais je te fais confiance, je veux que tu l'apprennes et que tu me la joue quand on se reverra : Deal ?! Je t'embrasse mon ange.____Je regardais chaque note, minutieusement, c'est vrai qu'à voir les dérives des notes, cette chanson devait être dure à jouer. Je pris sa guitare, et me frottai à la difficulté des première notes.
____Une heure après m'être entièrement concentrée sur cette chanson, je maîtrisais légèrement le premier couplet et la moitié du refrain. J'étais fière de moi, mais épuisée... Je décidai de ranger soigneusement la guitare dans son étui puis de me coucher. Une grande journée m'attendait demain...